Résidences

« Ce cher mois de septembre »

Trois artistes et une commissaire en résidence
Du 8 septembre au 9 octobre 2020.

 

« Enfin, il n’était plus qu’allongé. Le repos cela existait. L’écrivain pensa au jour suivant et résolut d’aller et venir dans le jardin jusqu’à ce que les traces y soient tassées comme par le passage d’une caravane et jusqu’à ce qu’il ait fait l’expérience du passage d’un oiseau. »
Peter Handke, « Après-midi d’un écrivain ».

 

Ainsi, en septembre, alors qu’un temps inattendu s’ouvre à la Maison Salvan avec les déprogrammations liées à l’arrêt des structures artistiques durant plusieurs mois, il est décidé de s’en remettre à l’essentiel et de convier trois artistes pour une résidence de recherche. Elle est courte, un mois, mais elle est espérée intense et envisagée comme un foyer – un lieu et un moment de vie où l’on initie, où l’on concentre. Un appel à candidature a été publié début juin. En écho, de très nombreuses propositions ont été reçues. Il aurait été possible de procéder à de multiples autres choix, cependant, en tenant compte de différents critères, l’attention a finalement porté sur les profils et projets d’Inès Day et Jeanson Péchin qui forment le « Pôle-Fromage », de Rébecca Konforti et de Ryder Morey-Weale.

Ces préparatifs ont été menés avec la commissaire d’exposition Gabrielle Camuset qui sera également à nos coté lors de ce cher mois de septembre. En effet, aux côtés de la Maison Salvan, les structures Artistes en Résidence (Clermont-Ferrand) et voyons voir | art contemporain et territoire (Aix-en-Provence), l’accueillent tour à tour à l’occasion de différents séjours entre juillet et octobre 2020. Il s’agit d’un projet du réseau national Arts en résidence, auquel la Maison Salvan appartient, en partenariat avec le Cube – independant art room à Rabat (Maroc).

Pôle-Fromage est un collectif artistique « plutôt nomade ». Ces derniers mois, il a exploré des démarches collaboratives tournées vers les habitants. Ces rencontres et expérimentations ont ouvert de nombreuses pistes de création, il éprouve maintenant le besoin d’un temps de mûrissement pour prolonger la réflexion autour de la notion de bien commun. La transhumance sera un phénomène particulièrement abordé. La terre, les ressources du sol et, surtout, l’occupation du terrain seront au cœur des préoccupations du collectif dans une recherche esthétique mêlant documentaire, performance et construction.

Ryder Morey-Weale souhaite développer ses recherches dans la continuité de celles effectuées lors d’un séjour à Shanghai, en Chine, entre Octobre et Janvier 2020. Celles-ci tournent autour des écosystèmes urbains, et plus particulièrement sur les mutations et adaptations opérées par certaines espèces (oiseaux urbains, plante invasives) pour s’ajuster au climat extrême d’une mégalopole (îlot de chaleur urbain, pollution atmosphérique, lumineuse, etc.). De retour en France, il souhaite profiter d’un espace-temps pour faire grandir et partager ces mutations en formes poétiques, tout en les faisant résonner avec le contexte local.

Rébecca Konforti développe une pratique du dessin et de la peinture qui se nourrit des contextes architecturaux ou environnementaux qui l’accueillent. Son travail révèle des potentiels en ouvrant vers l’ailleurs les réalités perçues. Ses propositions peuvent accueillir des formes en volume et ainsi pénétrer l’espace même du regardeur. Elle réalise en outre des compositions autonomes de dessins, gravures et de peintures qui sont soumises aux mêmes préoccupations que les projets dans l’espace, entre abstraction et figuration. À la Maison Salvan, elle souhaite éprouver une « méthode de travail et d’exposition » à l’échelle d’une portion du lieu.

Gabrielle Camuset est commissaire d’exposition indépendante. De 2015 à 2019, elle est chargée des expositions et des programmes de recherches au Cube – independent art room à Rabat. Dans ce contexte, elle conçoit la programmation de l’espace (expositions, résidences et événements) et est chargée du suivi des artistes dans la conception de leurs projets et leurs productions. Ses recherches portent principalement sur les enjeux des théories postcoloniales dans nos contextes contemporains, notamment en France et au Maroc. Depuis 2015, elle mène de nombreux projets au Maroc, dans la région MENA (programme travelling narratives) et sur le continent africain (Rencontres de Bamako, Biennale de Dakar).

 

 

Ce cher mois de septembre est soutenu par la Drac Occitanie.
La présence de Gabrielle Camuset, dans le cadre de sa résidence nomade, découle d’un partenariat avec le réseau national Arts en résidence et le Cube – independant art room (Rabat, Maroc).
Visuel : Maison Salvan, mai 2020.