Concert

Bérangère Maximin, « Impacts »

 

 

 

Résidence reportée.

 

Création électroacoustique de 35 minutes.
Une coproduction Eole / Maison Salvan / Le Vent des Signes.

Dans le cadre de ses expositions ou bien  –  cas de figure moins fréquent –  dans les moments de latence du lieu, la Maison Salvan a l’habitude de convier des artistes du domaine sonore pour occuper autrement l’espace. Bérangère Maximin est ainsi venue vers la structure en 2019. Elle a fait partie de ces créateurs, rares, qui, véritablement, cherchent à rencontrer et expérimenter l’environnement atypique offert. Avant de choisir l’endroit où jouer sa proposition, et inviter le public à l’entendre, elle s’intéressa aux différentes natures sonores du lieu, autant d’inframinces qui le fondent et le caractérisent. Cette attention, qu’elle prêta à la Maison Salvan, incite à l’inviter à nouveau, avec davantage de temps, pour un projet in situ. Ainsi, Bérangère Maximin va penser une matière sonore selon et pour l’espace, la diffuser en présence de spectateurs et, finalement, enregistrer un ensemble plein.

« À défaut de se débarrasser des bruits parasites qui viennent perturber la sérénité, suivre les conseils de Max Neuhaus ou Murray Schafer en se les appropriant et les exorciser en en faisant matière à création, l’objet d’une écoute profonde et attentive et ainsi prendre du recul sur eux l’espace d’un instant qui se renouvelle jour après jour, les bruits devenus sons dans un écrin. Ou quand la nuit porte une oreille sur le jour, le corps se souvenant de la brutalité de ce dernier se rétracte, pour ensuite se défroisser, se détendre et entendre alors ces disgracieuses excentricités venues de l’extérieur, ces intrusions, prendre des allures de ballets sonores maladroits qu’il faut chorégraphier. Se sentir bien à nouveau, simplement reprendre le contrôle de sa vie, dégager de la poésie dans ce fatras de plâtre et de boue auditifs. » Bérangère Maximin

Ce nouvel opus de Bérangère Maximin utilise des enregistrements audio pour explorer les thèmes du trauma et de l’oppression par le stress acoustique avec comme fil directeur, la mécanique entre le corps, le son et le sens. Les paliers du trauma se transposent par une suite de situations que le spectateur/auditeur découvre et vit au fur et à mesure. Bérangère Maximin structure le matériau modulé dans une écriture minimale, les différentes pièces du centre d’art et les haut-parleurs agissant comme autant d’espaces psychologiques pour intensifier et développer le propos.

Imprévisible. Intrusif. Expressif. Trois parties indépendantes qui forment une trajectoire sonore intense ponctuée de silences. Elles sont alimentées de riffs, mélodies vives, de sons pleins, de séquences monochromes. « Impacts » trouve son point culminant dans l’accumulation, la nervosité et la frénésie telle la volonté farouche de se retrouver, de reconquérir le territoire spirituel et physique qui nous appartenait, de se remplir d’énergie positive.

 

Gif animé datant de 2010 à partir du travail photographique de © Jaime Martinez.