Frédéric Le Junter, « Zone translucide »

Frédéric Le Junter, « Zone translucide »

Exposition du 05 mars au 12 avril 2009

Sous la forme d’installations, les machines de  Frédéric le Junter fonctionnent en exposition automatique, le tout étant commandé par des programmateurs. Dans la forme concert, il « joue » des machines en commandant leur fonctionnement. Dans cette situation il faut considérer la relation entre musiciens mécaniques et musiciens vivants.
A la Maison Salvan, à l’instar de son travail sur le son, ce sont les lumières et les images induites qui sont les variables soumises à la dialectique détermination-aléatoire. Il propose en effet, un peu comme un cinéma archaïque, des images produites par des procédés mécaniques.
L’origine du projet de résidence pour la Maison Salvan découle de l’observation de petits moments inattendus : les phénomènes de la lumière réfléchie qui apparaissent accidentellement dans les lieux publics comme en intérieur, et de la volonté de s’en saisir, de se réapproprier ces « mécaniques » fortuites. Pour ce faire, il cherche à créer des images en partant de mouvements hasardeux, en utilisant des moteurs qui manipulent des objets trouvés et une source de lumière. Il aime être surpris de l’image qui apparaît, de la complexité qui surgit.
Cette résidence est par ailleurs un moment d’expérimentation de la plate-forme de recherche virage à laquelle participe le GMEA(Centre National de Création Musicale d’Albi-Tarn). Virage questionne le développement futur de nouvelles interfaces de contrôle et d’écriture de contenus numériques multimédia pour la création artistique, la muséographie et les industries culturelles. Dans le cadre des premiers exemples de dissémination de ses résultats, le GMEA, apporte dans la dynamique de son partenariat avec la Maison Salvan, un soutien technique et artistique à la résidence de recherche de Frédéric Le Junter.

« Au fond ma façon de faire est poétique, cela ne peut-être que ça.
Pour les machines à lumières montrées à la Maison Salvan, tout provient de l’observation du hasard en mouvement : la lumière qui passe dans les arbres et qui vient se projeter sur le sol ou bien qui vient s’imprimer sur le mur d’une pièce. Ces phénomènes naturels me fascinent depuis l’enfance, c’est toujours la même chose et c’est toujours différent, sans aucune synchronisation.
Il y a plusieurs années que je recréé des images en fabriquant des petits systèmes pouvant s’apparenter à un cinéma archaïque. J’ai crée, enfant, un projecteur qui faisait défiler des images puis des machines qui dessinaient dans un bac à sable sur un rétroprojecteur et enfin des écrans derrière lesquels je plaçais des objets translucides ou pas, mélangés et que je bougeais à la main.
La résidence Salvan correspond à une nouvelle étape : fabriquer des machines qui vont d’elles-mêmes faire bouger les petits objets. Avec l’aide du GMEA qui m’aide à la programmation des moteurs et avec la possibilité d’être à Labège pendant un mois pour faire des essais, l’occasion s’est présentée. Les machines montrées ici sont le premier jalon de ce que je souhaite véritablement : une image encore plus complexe en ajoutant d’autres moteurs aux systèmes.
J’ai un goût pour la contemplation : je crée des machines pour voir et revoir autant que je le veux … »

Frédéric Le Junter

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Frédéric le Junter