Lucie Laflorentie, « À la recherche de la juste matière »

Lucie Laflorentie, « À la recherche de la juste matière »

Ouverture de résidence le vendredi 30 septembre à partir de 17 h 30, rencontre avec le public et performance.
Période de résidence du samedi 1er octobre au 26 octobre 2016.

À la recherche de la juste matière, Lucie Laflorentie

Parfois l’on corne la page d’un livre pour arrêter le rythme imposé de la lecture et marquer un passage qui se prête à une attention particulière. Parfois, est pressé le bouton « pause » pour regarder en détail l’image d’un film, une capture d’écran pourra même être réalisée pour l’isoler de l’ensemble de la lecture obligée. Parfois, on voudrait arrêter la succession des expositions dans un lieu d’art et travailler autrement à la fois avec les artistes et le public.

L’invitation faite à Lucie Laflorentie correspond au souhait d’envisager autrement la présence d’un artiste dans les murs de la Maison Salvan et à celui de connecter les visiteurs à l’art en recherche, à l’art en train de se faire. Ainsi, l’artiste, durant trois semaines, reçoit une sorte de carte blanche à la fois pour conduire un avancement de son travail mais aussi pour choisir une modalité de diffusion publique de cette période dynamique. Il n’y aura pas d’exposition mais des œuvres – dans une forme plus ou moins aboutie – diffusées sans enjeu de mise en espace globale ou d’articulation avec d’autres. Lucie Laflorentie procédera à des essais, à des tentatives ; c’est précisément cet état latent du développement du processus créatif, situé entre la conjecture et la « fixation » qu’est l’exposition, que le public pourra appréhender.

Dans la manière d’aborder cette période aux côtés de la Maison Salvan, une performance du répertoire de l’artiste est identifiée comme point de départ : Déambulation tractée en écho au cinéma atmosphérique. Lucie Laflorentie souhaite par ailleurs revenir sur son travail de dessin et explorer les passerelles possibles entre le croquis, petit format lié à la surface d’une feuille, et le dessin mural induisant des réflexions liées à l’échelle, au volume et, plus globalement, à l’environnement. L’avancement du montage d’un travail vidéo (résultant d’une présence en résidence dans la région de Bordeaux auprès d’architectes) est également à l’ordre du jour.

Le travail de Lucie Laflorentie mobilise différents registres : le dessin, l’installation, la vidéo. Son enfance rurale ainsi que son regard sur le paysage et l’architecture initient ses projets. À partir de ses observations, des points de vue et des cadrages deviennent la matrice d’un travail de dessin qui procède par un déplacement, une dilution, un bouleversement des motifs  pour créer un espace de l’autonome. Un nouveau paysage apparaît donc, il est autre, subjectif, parfois un point de vue sur le mouvement de transformation de la « campagne » en outil. Ses installations mêlent poésie, ironie, contradiction, tentative d’ouvrir des brèches, de voir bien au-delà du mur de la cimaise blanche, de ressentir bien au-delà de sa condition d’adulte objectif consentant aux forces dominantes. Ainsi, la bête consommation d’eau d’un springkler promet l’apparition d’un arc-en-ciel (Springkler) au travers d’une vidéo projetée dans une cabane, lieu hors temps et hors espace, à l’abri en quelque sorte du White Cube ; Euphémisme véhicule le jeu de l’enfance au travers de déambulations au milieu de piles de cagettes de fruits offrant mille possibilités de cachettes et de points de vue mais se donnant tout autant à voir comme la constitution d’un paysage urbain vertical, étouffant. Avec Ré-insertion sentimentale, ou, machine à fabriquer des montagnes, Lucie Laflorentie se lance dans la tentative folle de constituer sous les yeux du public un paysage, un relief, par un procédé mécanique, simple, bricolé. Au fond, il semble que Lucie Laflorentie, cherche à voir, à garder (sans conservatisme aucun), à recréer. Peut-être que l’espace de l’art et de la création comble un autre espace manquant, celui de son enfance ou bien ceux qu’elle n’aime pas et qui grignotent ceux qu’elle aime, ceux qui n’existent tout simplement pas ?

 

Les rendez-vous de l’exposition

Début de résidence le vendredi 30 septembre avec :

– de 18 h à 20 h, performance de l’artiste, Déambulation tractée en écho au cinéma atmosphérique, et présentation de la saison par l’équipe de la Maison Salvan.

– à 21 h : concerts de Marisa Anderson et Jan Mörgenson

– Tous les mercredis de 16 h à 17 h : visites / ateliers / goûters pour les 6-12 ans

– Le mercredi 26 septembre : atelier « Enquête en résidence d’artiste », pour les 7-12 ans

Fin de résidence le mercredi 26 octobre à 19 h. Cocktail offert.

 

En savoir plus sur l’artiste

Lucie Laflorentie

Visuel : Lucie Laflorentie, « Déambulation tractée en écho au cinéma atmosphérique », Performance, 2012.